| Mondial de l’Auto : la radio a-t-elle encore une place à bord ? |
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Au Mondial de l’Auto 2026, la nouvelle 2CV de Citroën crée l’événement en ressuscitant le poste de radio sous la forme d’un objet vintage qu’on emporte partout avec soi. Mais un peu plus loin, cette même radio s’efface derrière les assistants IA et écrans XXL des constructeurs asiatiques.
En marge du salon parisien, c’est une véritable bataille législative qui s’engage pour la survie de la radio dans nos habitacles. Retour de visite d’un salon où se joue, sans bruit, l’avenir de la radio en voiture.
Néo-rétro vs. tout-écran
C’est la star de ce Mondial 2026 : le concept 2CV électrique de Citroën trône sur tout le pavillon 4 de la Porte de Versailles et on a presque du mal à la prendre en photo tant le public se presse autour. Au-delà de son design néo-rétro qui détonne, c’est bien le clin d’œil orange à l’intérieur de son habitacle qui fait sourire : la « Radioën », un poste de radio amovible qui se transforme en enceinte portative est un véritable hommage au modèle de 1948. Le reste de l’habitacle est épuré, trois boutons physiques seulement ont survécu à la grande purge du tout-tactile : la température, la ventilation… et le volume de la radio. De quoi séduire de futurs acheteurs ?
Il suffit de traverser quelques allées pour changer complètement d’ambiance. Chez les Chinois Xpeng et BYD, l’expérience à bord se raconte en pouces et en assistants vocaux : écran de 15, 17 voire parfois 21 pouces et commandes physiques réduites à l’essentiel. Le système de bord propose du divertissement sous toutes ses formes : streaming, jeux, musique et même podcasts. La radio, elle, est reléguée à une application parmi d’autres… Qu’il faut parfois chercher au-delà de l’écran d’accueil.
Chez le coréen Kia, l’expérience radio est plus facile à trouver, mais le constructeur met d’abord en avant les fonctionnalités de sons relaxants. En un clic, on peut écouter des sons de feu qui crépite dans une cheminée, un orage d’été ou un cours d’eau dans une forêt… Idéal après avoir arpenté les kilomètres bruyants du parc des expos de la porte de Versailles.
Bruxelles et le Sénat au chevet de l’autoradio
Cette disparition en catimini de la radio dans les habitacles ne passe pas inaperçue chez les radio publiques et privées. Le 21 septembre dernier, elles s’étaient déjà associées pour demander au législateur de rendre obligatoire l’installation de récepteurs hertziens dans les voitures neuves.
Hasard, ou pas, du calendrier : mardi 13 octobre, le Sénat adoptait une proposition de loi visant à « garantir la présence d’un récepteur FM et DAB+ dans les véhicules neufs de transport de personnes ». En creux, l’objectif est de sauver les audiences radio en chute libre : pas moins de 4,4 millions de français ont déserté le média depuis 2005.
Le texte entend soutenir la radio. Une directive européenne de 2018, transposée en 2021, obligeait déjà les autoradios des voitures neuves à recevoir le DAB+. Encore faut-il qu’il y ait un autoradio ! Certains constructeurs l’ont tout simplement supprimé au profit d’un système multimédia connecté. La proposition de loi entend refermer cette brèche, qui menace d’affaiblir durablement la radio.

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