| Quand l’IA redéfinit l’influence |
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Les algorithmes des réseaux sociaux évoluent en permanence et poussent parfois vers l’étrange. L’algorithme de TikTok, par exemple, peut propulser un influenceur IA inconnu vers la viralité du jour au lendemain, basé uniquement sur la performance du contenu. Mais pourquoi ces influenceurs virtuels plaisent-ils autant ? Nous dirigeons-nous vers la fin des créateurs de contenu humains ?
Des niches de plus en plus étranges
Une nouvelle tendance émerge : l’utilisation de l’IA dans la création de contenu. Glorb, youtubeur et tiktoker à l’identité encore inconnue, crée des clips de musique de rap satirique sur les réseaux et aborde des sujets assez intenses comme le port d’armes ou les drogues. Sauf que ce n’est pas sa voix que l’on entend, mais celles de personnages de dessins animés, principalement Bob l’éponge, générées par des IA. Complètement décalé du contenu habituel des réseaux sociaux, cela semble plaire à beaucoup : avec plus de 1 million d’abonnés sur YouTube, ses vidéos ont des millions de vues, comme The Bottom 2 (Official Music Video) qui en compte à elle seule 25 millions ! Et les droits d’auteur dans tout ça ?
Les prémisses de cette ère virtuelle IA avaient déjà commencé en 2019 avec la Bee Influencer, une abeille virtuelle conçue pour sensibiliser le public à la cause écologique et, plus particulièrement, à l’importance des pollinisateurs. L’idée était de poster des photos IA d’une abeille dans des situations incongrues pour attirer des abonnés, puis de reverser les fonds récoltés pour soutenir des projets concrets (agriculture plus respectueuse, restauration des habitats des abeilles, recherches sur l’impact des pesticides). Résultats : 270.000 followers et 250.000€ récoltés pour le BEEFUND.
L’émergence des influenceurs synthétiques
En 2026, l’intelligence artificielle va encore plus loin. Après les voix de synthèse et les photos IA, ce sont parfois des créateurs de contenu entiers qui sont générés et animés par l’IA. Avatars et modélisation 3D, certains créateurs de contenu IA, ou VTuber, commencent à retenir l’attention du grand public. Créée par The Clueless, Aitana López est devenue une des influenceuses lifestyle IA les plus connues d’Instagram. Visage, corps et voix hyperréalistes, elle partage des moments de sa vie en voyage, dans des restaurants, des stades de foot… tout en faisant des placements de produits pour des chaises gaming, de la skincare, des marques de vêtements, alors qu’elle n’est tout simplement pas réelle.
Et ce concept cartonne aussi en live : Neuro-sama, chatbot et streameuse, est devenue la personnalité la plus populaire de Twitch. “Elle” empoche près de 400.000$ par mois seulement grâce aux revenus générés par ses 300.000 abonnés payants. Derrière cet avatar se cache un programmeur informatique et développeur IA anonyme, nommé Vedal987. Paroles générées par une IA, voix de synthèse, apparence réalisée avec le logiciel Unity : Neuro-sama communique en direct avec ses followers comme un humain et a une personnalité “étonnamment impertinente”.
Pourquoi cette dérive ?
Les influenceurs IA ne dorment jamais, peuvent promouvoir toutes sortes de produits et permettent aussi de réduire les coûts de production : plus besoin de grandes équipes ou de studio pour la diffusion en direct. Et ces avatars sont parfois capables de vendre mieux que de vraies personnes. Durant un live sur la plateforme de streaming e-commerce chinoise de Baidu, Luo Yonghao a généré 7,65 millions de dollars en utilisant un avatar numérique pour interagir avec ses spectateurs. C’est plus que lorsqu’il anime lui-même.
Avec l’IA, ces influenceurs peuvent explorer des territoires impossibles pour les humains, mais aussi développer des micro-niches, qui se concentrent sur un sujet très précis. Les niches généralistes (beauté, fitness, gaming…) étant plutôt saturées, ces micro-niches offrent moins de concurrence et un potentiel de croissance et d’engagement plus élevé. Ces créateurs de contenu IA peuvent aller dans les directions qu’ils veulent grâce à leur mémoire stupéfiante, leur vitesse d’exécution décuplée et les possibilités de prompts presque infinies. Comme Genie 3 de Google DeepMind qui peut transformer une simple description textuelle en environnement 3D interactif. Jeux vidéo, design d’intérieur, médias… L’intelligence artificielle a-t-elle des limites ? Même YouTube commence à mettre en avant des technologies pour faire son propre avatar IA et produire des Shorts sans se filmer. Plus de place pour les humains derrière leurs jumeaux numériques ?

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